Le Passe-TempsLa revue Le Passe-Temps paraît du 2 février 1895 au mois de décembre 1949. Passionné de musique et imprimeur de métier, son fondateur, Joseph-Émilio-Sibert Bélair (1865-1933) est l'inventeur d'un procédé de gravure qui permet de reproduire des partitions musicales à un coût minime. Publiée deux fois par mois pendant les premières années, la revue devient mensuelle en 1924. De 5 000 à l'origine, son tirage passe à 10 000 exemplaires en 1913, distribués principalement au Canada et aux États-Unis. Les revenus de la revue proviennent non seulement des abonnements, mais aussi des annonces publicitaires. Des journalistes réputés comme Lorenzo Prince et Gustave Comte feront partie de l'équipe de rédaction du Passe-Temps. Le contenu de la revue change au cours des années. Pour l'essentiel, le Passe-Temps vise à rendre compte de la vie culturelle montréalaise en traitant de sujets variés, comme en témoigne d'ailleurs son sous-titre, journal de «Littérature. musique, théâtre, mode, sport». À cette dimension culturelle s'ajoutent quelques actualités politiques, des renseignements pratiques, comme des recettes de cuisine ou des conseils à la ménagère, de même qu'une section «Divertissements», qui propose des jeux d'échecs, des charades, des histoires drôles, des devinettes, etc. Dès 1896, le sport est retranché du contenu et remplacé par les «Mondanités», mieux adaptées au lectorat de la revue, sans doute en majorité féminin. En 1898, Le Passe-Temps se transforme à nouveau pour devenir un journal «musical, littéraire et fantaisiste», une dénomination qui durera 35 ans même si, à partir du tournant du XXe siècle, la revue se consacre surtout à la publication de partitions musicales. Le Passe-Temps est d'ailleurs la revue à vocation musicale qui a connu la plus longue existence au Canada. En 1933, l'éditeur adapte une dernière fois son contenu aux exigences de ses lecteurs, cette fois en raison de l'avènement de la radio dans le paysage culturel. Dès lors, le sous-titre devient «Musique, radio, littérature». Les partitions musicales du Passe-Temps sont le plus souvent des pièces de danse, comme des valses et des polkas, des extraits d'opéras, des chansons traditionnelles ou encore des morceaux de Beethoven, Schumann, Saint-Saëns, Fauré et de plusieurs compositeurs canadiens, dont Claude Champagne, Calixa Lavallée et Rodolphe Mathieu. La revue offre ainsi à ses lecteurs la possibilité d'animer les soirées familiales, comme l'atteste le nom du supplément qui paraît dans chaque numéro dès 1898, Musique vocale et instrumentale... pour le salon. S'il a pour objectif de divertir ses lecteurs, Le Passe-Temps tente également de les instruire, par l'entremise de leçons de musique et de suggestions de lecture. Il tient également ses abonnés informés des dernières nouvelles de la scène artistique, mais il ne propose pas de véritables critiques en matière musicale. À cet égard, la politique éditoriale de Bélair est plutôt conservatrice, ce qui s'explique probablement par le contenu avant tout familial de la publication. Malgré cette position, Le Passe-Temps contribue à la vie culturelle de Montréal, notamment par son affiliation avec Ernest Lavigne, créateur et propriétaire du Parc Sohmer, l'une des scènes musicales les plus courues de la ville. Outre son contenu musical, Le Passe-Temps publie régulièrement des textes littéraires de genres variés. Il offre ainsi des feuilletons à caractère mélodramatique, comme La valse dans un cimetière d'Ernest Fouinet et Le secret de l'orpheline d'André Theuriet, des poèmes d'auteurs français (Sully Prudhomme, Victor Hugo, Edmond Rostand) et d'auteurs canadiens-français, parmi lesquels figurent des membres de l'École littéraire de Montréal (Émile Nelligan, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Joseph Melançon, etc.). Malgré les moyens financiers restreints de l'éditeur, la revue réussit également à offrir à ses lecteurs un grand nombre d'illustrations, dont plusieurs sont l'oeuvre d'Edmond-Joseph Massicotte. Bibliographie Beaulieu, André et Jean Hamelin, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III. «Le Passe-Temps». Dans Encyclopédie de la musique au Canada Everett, Jane, «Montréal en revues», Écrits du Canada français, no 76, 1992, p. 51-78. Prince, Lorenzo, «Quelques souvenirs sur le fondateur», Le Passe-Temps, vol. 39, no 864, août 1933, p. 40. Trépanier, Léon, «L'étrange histoire de Joseph-Émilio-Sibert Bélair, fondateur du "Passe-Temps", révélée par lui-même», La Patrie, 5 février 1950, p. 68 et 91. Les index du Passe-Temps De manière générale, seuls les articles ayant un lien avec le Québec ou le Canada ont été indexés. Les auteurs et les interprètes québécois et canadiens, de même que les artistes étrangers qui se sont produits en sol québécois ou canadien ont ainsi été recensés. Sauf quelques exceptions, les textes repris de publications étrangères n'ont pas été retenus. L'indexation a visé à multiplier les points d'accès au contenu du journal. À cet égard, les entrefilets ont reçu un degré d'analyse comparable à celui des articles de fond. De même, les personnes représentées sur les photographies ou les gravures ont été minutieusement identifiées et indexées. L'indexation des partitions musicales n'a fait l'objet d'aucune restriction. Qu'elles soient d'origine québécoise, canadienne ou étrangère, il est ainsi facile de les repérer. Les paroliers et compositeurs ont fait l'objet d'un travail d'identification considérable, même lorsque les renseignements manquaient sur la partition. Les instruments musicaux sont identifiés, de même que les thèmes abordés, qui peuvent être aussi variés que l'humour, la guerre, le naufrage de l'Empress of Ireland ou les belles-mères. Ces thèmes sont repérables à l'aide de l'index «Sujets», qui permet aussi de trouver le nom de l'interprète d'une pièce ou encore de son dédicataire. |
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